15.06.2008

La vidéo à la demande, c'est désormais 45 services et plus de 2 500 films

Les Français plébiscitent ce nouveau mode de consommation qui permet de télécharger en toute légalité longs métrages, documentaires et autres séries TV. Ces programmes à la carte sont accessibles depuis un ordinateur ou directement sur la télévision.

a08ea6c4d0d4ebfcf15c88cb26235cc8.jpgLa vidéo à la demande a sacrément le vent en poupe dans l'Hexagone. C'est ce que souligne une étude publiée récemment par le Centre national du cinéma (CNC). Les internautes français disposent désormais de 45 services en ligne permettant de télécharger en toute légalité films, séries et autres documentaires. Ils n'étaient qu'une poignée il y a encore deux ans. Ces services peuvent être consommés sur ordinateur ou directement sur la télévision, notamment grâce à la généralisation des box (Livebox, Freebox etc.), fournies par les opérateurs. C'est d'ailleurs sur la télé qu'il remportent le plus d'adhésion. En 2007, ces plateformes ont enregistré plus de 8 millions de transactions payantes pour une chiffre d'affaire de 30 M€, les programmes étant vendus en moyenne entre 3 et 4 €. Le catalogue compte désormais plus de 2 500 films, dont plus de la moitié américains.

Autre enseignement remarquable mais prévisible : si les films sont les vidéos les plus demandées, il sont talonnés par les programmes pour adultes : le X représente près de 30 % des ventes, loin devant les pourtant très populaires séries TV. « Contre toute attente, le numéro un français n’est pas une filiale de Canal + ou de TF1 mais une PME du Sud de la France DreamNex. Elle s’est spécialisé dans le X online en garantissant l’anonymat à ses 55 000 aficionados », assurait fin mai le chroniqueur de France Info, David Abiker. Sur le plan purement économique, quatre modèles cohabitent : la location, la vente, l'abonnement et l'accès gratuit financé par la publicité.

Reste un problème pour le consommateur toujours plus avide de nouveautés : la fameuse chronologie des médias en vigueur en France. Il faut attendre entre huit et neuf mois après la sortie en salle pour voir arriver les films en vidéo à la demande. Aux Etats-Unis, Apple propose depuis peu des longs métrage sur sa plateforme de téléchargement le jour de leur sortie en DVD. Ce n'est pas encore la réactivité des réseaux pirates mais c'est déjà un grand pas en faveur d'une offre légale réellement attractive.

Carrefour veut devenir le leader du marché
Carrefour se lance dans la VOD et n'a pas l'intention de faire les choses à moitié. Le géant de la grande distribution, qui doit ouvrir son service élaboré en collabaration avec Glowria d'ici la fin de l'année en France après un lancement en Belgique et en Espagne, veut devenir numéro un du secteur.« Avec ce nouveau canal de distribution, Carrefour souhaite renforcer sa position d'acteur majeur dans la diffusion de biens culturels et devenir le leader de la distribution de vidéo sur internet », assure le groupe dans un communiqué diffusé par l'AFP. Rendez-vous dans les prochains mois pour voir si le pari est tenu.

Cezzer : la VOD pour tous
Cezzer HD40. C'est le nom d'un boîtier (photo) particulièrement prometteur développé par une start-up brestoise. L'appareil, facilement transportable, promet en effet de rendre la vidéo à la demande accessible sur la télé au plus grand nombre. Traduction : à tous ceux, et ils sont encore nombreux, qui ne sont pas éligibles aux services de télévision par ADSL et qui ne veulent pas regarder de film devant leur ordinateur. Avec toute les contraintes techniques et de confort que cela implique. Pour l'heure, Cezzer a passé un accord uniquement avec TF1. L'offre est donc encore cantonnée au service TF1 Vision (3 000 programmes environ). Mais ce n'est sans doute qu'un début. Bientôt en vente sur www.cezzer.com (prix non communiqué).