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28.01.2008

Le "jeu occasionnel" fait un carton

200 millions. C'est, selon l'AFP, le nombre de personnes qui s'adonnent au casual gaming dans le monde. Et ce n'est semble-t-il qu'un début. Le marché dispose d'un tel potentiel qu'il serait l'un des plus prometteurs d'Internet. Les casual games sont des jeux vidéos simples à prendre en main sans pour autant être simplistes. Ils se téléchargent facilement sur la Toile, s'adressent aux néophytes, séduisent les femmes et les familles, et n'ont la plupart du temps d'occasionnel que la traduction française tant ils peuvent se révéler addictif. Le point sur ce phénomène avec David Mekersa, le fondateur et animateur de Casualgames.fr, un des seuls blogs français exclusivement dédié à l'actualité du casual.

3f66cf781e7426aae1c9bfbe867966ec.jpgLe casual gaming, qu'est-ce que c'est exactement ?
Je vais vous donner ma propre définition : être un casual gamer, c’est jouer à des jeux vidéos simples d’accès dans un seul but, se détendre. Comme on le ferait avec des mots croisés. En fait, on traduit souvent "casual" par "occasionnel", mais ce terme veut également dire "décontracté". Je pense que ça colle plus au phénomène. Car les amateurs ne sont pas obligatoirement des petits joueurs, la plupart d’entre eux jouent tous les jours !

D'où vient le phénomène ?
Beaucoup se posent la question sur son origine. Ca peut paraître étonnant mais pour moi, il a toujours existé. Les premiers jeux vidéos étaient des casual games. Regardez le Pong, ce jeu de tennis sur téléviseur dans les années 70, qui y jouait ? Toute la famille ! Comme aujourd’hui on joue à Wii Sport (sur la dernière console de Nintendo qui surfe sur cette mouvance, ndlr). Le casual game a été ressuscité par l’Internet et les créateurs indépendants, il y a quelques années seulement. Manquant de moyens, certains développeurs ont créé des jeux simples, basés sur des mécaniques addictives, n’utilisant pas la 3D. Tetris, ou encore le jeu du Solitaire sous Windows, ont été les précurseurs du genre.

Quelle est la différence avec les jeux vidéos classiques ?
Ce sont des jeux pleins de paillettes, accessibles et accrocheurs dès la première heure. Pas besoin d'être un pro du clavier ou du joystick pour s'amuser. Pas besoin non plus de disposer d'un ordinateur dernière génération pour les faire fonctionner. Les casuals games se déroulent le plus souvent dans des endroits populaires, des lieux ou des époques mythiques, ou utilisent de simples formes géométriques.

Sur quelles machines tournent les jeux casual et où les trouve-t-on ?
PC et Mac, le PC étant comme d’habitude la machine de prédilection du marché. Après les avoir téléchargé sur Internet, ils s'installent en trois clics sur un ordinateur. Pas besoin de CD, on les télécharge en quelques minutes sur le Web. On a tendance à classer les jeux en Flash (technologie d'animation utilisée sur le Web) dans la catégorie casual. Mais ces jeux là sont rarement très aboutis et servent avant tout à passer le temps, pendant une pause au bureau par exemple. Ce n’est pour moi pas représentatif du marché mais ça pourra le devenir, car ces programmes deviennent de plus en plus construits et de plus en plus proches de ceux disponibles au téléchargement.

Faut-il payer pour jouer à des jeux casual ? Si oui, combien en moyenne ?
Il y a un prix sur le marché, personne ne déroge à la règle, sauf à quelques centimes prêt : 19,95 $ (soit environ 16 €). On y joue une heure gratuitement, après il faut payer. Cela a le mérite de permettre aux joueurs de n’acheter que les jeux qui leur plaisent vraiment. En moyenne un joueur achète cinq jeux par an.

Quel est le public visé ?
Les femmes représentent près de 75 % des casual gamers. Sans doute parce qu'elles sont souvent rebutées par les jeux vidéos classiques qui s'adressent par leur univers plus à un public masculin et adepte de nouvelles technologies.

Quel sont les principaux type de jeux ?
En ce moment, le genre qui cartonne, c’est les jeux d’objets cachés. Version moderne de "Où est Charlie ?", ils consistent à rechercher une liste d’objets dans une scène représentée à l’écran. Tout cela sur fond d’enquête policière et d’investigation. On trouve en deuxième position les jeux de gestion du temps, comme par exemple gérer un restaurant, organiser un mariage ou encore jouer les baby-sitters. Le genre qui a donné ses lettres de noblesse aux casual games, le puzzle match-3 (qui consiste à associer des formes), est en perte de vitesse mais se maintient. Bejeweled, un des premiers du genre, s’est vendu à des millions d’exemplaire. Un nouveau genre très prometteur fait son apparition : le puzzle-aventure. Enfermé dans un univers, vous devez en échapper en résolvant des puzzles, actionner des mécanismes, utiliser des objets, etc.

Les studios de développement sont-ils les mêmes que pour les grosses productions ?
Le casual game, c’est un royaume qui appartient encore aux créateurs indépendants. Ce sont eux qui tiennent le marché, même si les industriels du jeu vidéo tentent de prendre le train en route et sèment parfois la confusion en raccrochant le terme casual sur tout et n'importe quoi. Ces indépendants distribuent leurs programmes au travers de portails Internet. Le leader mondial, l'Américain Big Fish Games et ses 1 millions de téléchargements par jour, dispose d'ailleurs d'une antenne à Juvignac ! Le Montpelliérain à la tête de cette filiale française, Emmanuel Marty, n’est autre que l’auteur d’un des plus gros succès 2007, Azada, le premier jeu de puzzle-aventure qui s’est déjà vendu à des centaines de milliers d’exemplaires.

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