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28.02.2007
Laurent Michaud, responsable du pôle loisirs numériques à l'Idate: «Plus de 16 millions de Français téléchargent»
Légal ou illégal, le téléchargement sur internet est devenu en quelques années un phénomène de masse. Notamment en France où le taux d’équipement informatique et le nombre d’internautes disposant du haut débit sont en progression constante. Toutes les strates de la population sont concernées, sans distinction d’âge ni de catégorie socio professionnelle. C’est un des enseignements de l’étude que vient de publier l’Idate, l’institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe basé à Montpellier. Réalisé en collaboration avec Médiamétrie, cet observatoire devrait aider les industriels à s’adapter. Entretien avec le maître d’œuvre du projet, Laurent Michaud.
L'Idate vient de publier une vaste étude sur le téléchargement. Dans quel but?
L'objectif de cette étude, qui est plutôt un observatoire puisqu'une mise à jour sera effectuée tous les six mois, est de mesurer et comprendre les comportements et les usages des internautes face aux différentes formes de téléchargement, légal et illégal. Cet outil d'analyse, qui n'a pas son pareil en Europe, est mis à disposition des différentes industries confrontées au phénomène. C'est un moyen de les aider à s'adapter, ce qui est désormais primordial.
Que peut-on télécharger aujourd'hui?
Télécharger, c'est récupérer des fichiers qui proviennent d'internet. On peut télécharger, sur des plateformes payantes ou des réseaux pirates, tout type de contenu numérisé. Du texte, des images, des photos, des logiciels, des jeux vidéo, de la musique et des films. Bref, tout ce dont on peut se servir avec un ordinateur ou un téléphone mobile. Nous nous sommes focalisés sur la musique, les films et les jeux car ce sont des secteurs que la dématérialisation de la distribution est en train de révolutionner. Il y a des enjeux économiques très importants.
Qui télécharge?
Le principal enseignement de cette étude est qu'aujourd'hui, le téléchargement se banalise et concerne un public de plus en plus large. Il n'y a pas beaucoup de différences en fonction de l'âge, du sexe, ou de la catégorie socioprofessionnelle. Le téléchargement, qui est apparu au milieu des années 90, est désormais totalement installé dans les foyers qui disposent d'internet. En France, 55% des internautes téléchargent, de manière légale et illégale.
Quelle est la part de piratage là-dedans?
En 2006, la France comptait 30 millions d'internautes. 16 millions d'entre eux téléchargent régulièrement. Sur ces 16 millions, la moitié a acheté récemment du contenu en ligne, l'autre s'est rendue sur des réseaux illégaux. Mais ce n'est pas aussi simple que cela. Cette étude montre qu'il n'existe pas de réelle segmentation. Il n'y a pas d'un côté les internautes qui payent, de l'autre ceux qui trichent. Une bonne partie d'entre eux fait les deux en même temps. Ceux qui n'achètent jamais rien sont moins de deux millions.
Comment expliquer l'essor, ces dernières années, des réseaux illégaux?
La gratuité, la simplicité des logiciels, la généralisation du haut débit, la complexité et le manque de variété des offres commerciales.
Quel enseignement peut-on tirer de ce constat?
Qu'il faut continuer à convertir les pirates au téléchargement légal. Pour les films, il faut multiplier les offres de vidéo à la demande en les adaptant aux habitudes des internautes. En offrant plus de souplesse, en baissant les prix et en réduisant les délais entre la sortie des films au cinéma et leur disponibilité sur internet. Beaucoup téléchargent des films simplement pour en avoir la primeur, pour ne pas être obligé d'attendre des mois. Pour ce qui est de la musique, la donne est différente. Apple a montré, avec la réussite de son magasin de musique dématérialisé associé à un terminal (l'iPod, ndlr), qu'il est possible de gagner de l'argent, de rendre solvable une partie des usages en innovant. Mais si l'on veut déployer le marché, il faut proposer des offres interopérables. C'est-à-dire permettre d'acheter de la musique à un endroit et de l'écouter sur n'importe quel support. Ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.
Tous les détails de l'étude sur le site de l'Idate.
07:40 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : midi libre, connexion, high-tech, nouvelles technologies, montpellier, idate, laurent michaud


Commentaires
Eternel débat en somme.
Pourquoi aucun FAI n'a songé à augmenter son forfait ou proposer un forfait téléchargements?
Ecrit par : Mélina LOUPIA | 28.02.2007
Les commentaires sont fermés.